10 répliques au hasardSi quelqu'un trouve cette lettre, c'est que mon plan aura échoué... et que je suis probablement... mort à l'heure qu'il est. Mais si je peux revenir... au début de toute cette histoire... il est possible que je parvienne... à la sauver.
Salut ça farte ?
- J'aimerais vous revoir...
- Est-ce que c'est pour m'inviter ou pour me sauter ? Un coeur qui bat, un nez qui flaire, une décision qui tombe, c'est Bernard Frédéric !
- Tu crois que c'est possible que quelqu'un d'autre sur terre fasse exactement la même chose que nous, au même moment ?
- J'espère, sinon je vois pas ce qu'on se donne du mal à sauver. Je me suis retrouvé dans les rues de Paris ou les parisiens ne vont jamais. J'étais un étranger parmi les étrangers. Pourquoi j'étais là, je savais pas. J'ai en général jamais su pourquoi j'étais là où j'étais. Je dois être typique...
Tu te sauves et tu ne reviens jamais. Tu ne reviens plus.
Nous roulerons, sans nous arrêter, jusqu'à ce qu'on se retrouve au milieu de nulle part, jusqu'au bout de la route. T'es jamais allé à l'ouest de Philadelphie ? Une région magnifique, c'est très beau, c'est un autre monde, des montagnes, des collines, des vaches, des fermes et des églises toutes blanches. On s'est fait une virée une fois avec ta mère, avant ta naissance, de Brooklyn au Pacifique en trois jours. On avait juste assez d'argents pour l'essence, les sandwichs et les cafés. Et on y est arrivé. Hommes, femmes, enfants, tout le monde devrait voir le désert une fois avant de mourir. Rien à des kilomètres à la ronde, rien que le sable, les pierres, les cactus, et le ciel bleu. Personne en vue, pas de sirènes, pas d'alarmes de voitures, personne ne klaxonne, pas de fou furieux qui hurlent et qui pissent dans la rue. Tu trouves le silence, tu trouves la paix, tu peux trouver Dieu. Alors on va vers l'ouest. On roule jusqu'à ce qu'on trouve une jolie petite ville. Ces villes dans le désert, tu sais pourquoi elles ont poussé là ? Parce que des gens avaient pris la tangente, le désert, c'est fait pour tout recommencer. On trouvera un bar, et on boira des coups. Ça fait deux ans que j'ai pas bu d'alcool, mais je boirait un verre avec toi. Un dernier whisky avec mon fils, on prendra notre temps, on savourera le gout de l'orge tranquillement. Et puis je partirai. Je te dirai de surtout pas m'écrire, de jamais venir me voir, je te dirai que je crois au royaume de Dieu et que nous serons de nouveau réuni avec ta mère, mais pas dans cette vie. Tu trouveras du travail, un salaire en liquide, un patron qui ne posera pas de question. Tu repartiras de zéro et tu ne reviendras jamais. Monty, les gens comme toi, c'est un cadeau. Où que tu ailles tu te feras toujours des amis. Tu travailleras dur, tu garderas la tête baissé et les lèvres serrées, tu referas ta vie là-bas. Tu es New-Yorkais, ça ne changera jamais. Tu as New-York dans le sang, tu finiras tes jours dans l'ouest, mais tu resteras un New-Yorkais. tes amis te manqueront, ton chien te manquera, mais tu es fort. Tu as l'énergie de ta mère, tu es fort comme elle. Tu trouveras les gens qu'il faut et tu te feras faire des papiers, un permis de conduire. Tu oublieras ton ancienne vie, tu ne pourras pas revenir, tu ne pourras ni appeler, ni écrire, tu ne retourneras pas. Tu t'inventeras une nouvelle vie, et tu la vivras tu m'entends ? Tu vivras ta vie comme tu aurais du la vivre. Et peut être que, ah c'est dangereux, mais, peut être que au bout de quelques années, tu enverras un mot à Naturelle. Tu fondera une famille, tu élèvera bien tes enfants. Tu m'entends ? Offre leur une bonne vie Monty, tout ce dont ils ont besoin. Si tu as un fils peut être que tu l'appellera James, c'est un bon nom. Et peut être qu'un jour, dans de nombreuses années, quand je serai parti rejoindre ta mère, tu réuniras les tiens. Et tu leur diras la vérité, tu leur diras qui tu es, et d'où tu viens. Tu leur raconteras toute l'histoire, et tu leur demanderas s'ils savent, à quel point ils ont de la chance d'être là. Et tu leur diras qu'ils ont bien failli ne jamais voir le jour. Tout cela à bien failli ne jamais exister. Les vieux, faudrait les tuer dès la naissance.
- Peut-être suis-je vieux et fatigué mais je crois que les chances de savoir ce qui se passe réellement sont si ridiculement minces que la seule chose à faire c'est de renoncer à chercher et de chercher à s'occuper. Je préfère mille fois être heureux qu'être dans le vrai.
- Et vous êtes heureux ? - Euh... Non. C'est là que la théorie s'effondre bien sûr. J'ai bientôt fini avec mes petits lépreux de Jakarta. C'est tout la Croix Rouge ça ! Ils me demandent de faire des gants à trois doigts. Vous croyez pas que j'aurais pas plus vite fait de faire des moufles !
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